BAGNI PARADISO

 

Il y a l'Italie de rêve, celle des cités renaissantes et baroques, saturées de beautés architecturales, de fresques et de collections de peintures. Il y a en contrepoint, cette autre Italie, celle où l'on traîne le long des plages de Ligurie ou sur la côte  Adriatique, en hiver ou juste en fin de saison, quand sur les places ne résonnent plus les cris d'enfants, les rires des jeunes aux terrasses ou les klaxons des Vespa. J'aime cet abandon des lieux, lorsque le silence l’emporte sur l'agitation, et que le vide qui leur donne une enveloppe étrangement poétique me parle du cinéma de Michelangelo Antonioni. Ce sont comme des villes fantômes qui se laissent traverser avec la nostalgie de temps heureux en attendant la saison prochaine. Ces lieux, comme abandonnés par une population qui aurait fuit à l’annonce imminente d’une catastrophe, gardent le temps entre parenthèses, c’est dans ces conditions qu’ils m’attirent.