Entropicity 

( paysages en cours de transformation)

L’obsession de la mesure et de l’échelle découle de ce sentiment de perte dans le site, dans l’ouvert, le sans limite. Produire une image en ce sens revient à donner la mesure et le rapport d’échelle de quelque chose qui ne les contient pas. C’est en fait bâtir une pure construction induisant du fini dans un espace hors mesure. Il reste à repérer des bordures, des frontières, des marges et des écarts : constituer en somme une syntaxe à partir de ce qui est dépourvu de tout code de lectureà l'état brut. C'est pour ainsi dire, organiser du chaos. Pour autant, la ville ou sa négation dans les zones informes qui s’éternisent le long des routes produisent et révèlent des signes qui sont autant de cicatrices, de souvenirs et de désirs à demi effacés, laissés à l’état de fragments, de résidus, de déchets. Cette forme de laisser aller, de disparition programmée, de sédimentation aléatoire, passive, résiduelle de la ville ou de ce qui lui a un jour ressemblé ainsi que tous ses espaces intermédiaires, de transition entre deux états de transformations, dessinent un paysage entropique.  Voici donc ce paysage tel que je me le figure : à égale distance d'un état de fait que je ne peux qu'enregistrer, de façon presque neutre et d'une intention organisatrice, constructiviste.