Série "PAR ACQUAINTANCE"

 

 

 

 

 

 

 

 

Il s’agit d’une suite de rapprochements d’images, opérés par acquaintance,* et non pour des raisons strictes et univoques de sujet ou de forme.

Deux à deux, par glissements, entre ressemblance et dissemblance, par jeu de fausse proximité, elles dialoguent pour révéler autre chose ensemble, que ce qu’elles disent isolément.

S’opère ainsi une mise à plat intuitive de ce que ces photographies, prises en des lieux et des instants que parfois tout -ou presque rien- n’oppose, peuvent échanger sur le terrain immédiat de leur mise en partage : ni dans la durée donc, ni pour fixer ce qu’elles pourraient dire par elles mêmes.

 

Ce qui se produit, ce qu’il advient de leur juxtaposition, se situe parfois ni tout à fait dans l’une ou dans l’autre, ni même dans l’union des deux, mais dans l’interstice qui les nomme, à mi-distance, comme en creux.

Nées parfois d’une impression de Déjà Vu, mais toujours reconduite autrement, ailleurs, sous une autre forme, ces prises de vues précèdent le désir de série, mais s’y soumettent par la suite, comme les cellules aimantées d’une structure, d’un récit que mon regard veut bâtir.

Connaissance directe et relative donc, mais ouverte, éprouvée par un sentiment entrevu, d'un lieu à l'autre, d'un moment à l'autre, par acquaintance.

 

 

                                                                                       

 

                                                                                             Christophe Cirendini, mars 2013

 

 

 

* acquaintance : terme anglo-saxon associé à l'usage qu'en a fait Bertrand Russell dans sa philosophie analytique. Le knowledge by acquaintance renvoie à une connaissance directe, qui ne prend pas appui sur le principe de description mais bien celui d'une sensation directe.   L'emploi à dessein de ce terme anglais prend ses distances de fait, avec le  français accointance dont la signification et l'usage diffèrent.